Carrières de Lumières - Immersion grand format (partie 2)

Univers, Muséographie // jeudi, 17 août 2017 // Rédigé par Stéphan Faudeux

Suite de nos entretiens réalisés à l’occasion de la récente modernisation, avec des projecteurs laser Barco, des installations des Carrières de Lumières, aux Baux-de-Provence. Après Augustin de Cointet de Fillain, directeur du Château des Baux-de-Provence et des Carrières de Lumières (partie 1), nous rencontrons Sébastien Chapuis, responsable technique des Carrières de Lumières, qui revient en détail sur le dispositif technique mis en place sur ce site en tout point extraordinaire...*

 

Sonovision : Pouvez-vous nous présenter l’installation qui se trouve ici, les projecteurs et le réseau informatique data qui permet de l’alimenter ?

Sébastien Chapuis : Nous avons opté pour des projecteurs phosphore laser de marque Barco, lesquels sont au nombre de 70 ; une autre marque équipe la projection au sol (25 projecteurs pour habiller le sol). Nous utilisons des serveurs bi-flux, soit un serveur pour deux projecteurs. Le tout est en réseau et contrôlé via un logiciel que l’on connaît bien : Watchout.

 

SV : Pour le moment, un serveur alimente deux projecteurs, quel est le type de liaisons ?

S.C. : Des liaisons fibre optique. Nous avons des machines qui convertissent le signal DVI des cartes graphiques sur une fibre quatre brins, ce qui permet de déporter le signal jusqu’à 500 mètres. Sachant qu’ici, nous sommes souvent au-delà des 100 mètres. Le plus loin se trouve, je crois, à 200 mètres. Sur câble cuivre, il serait absolument impossible de véhiculer à 200 mètres. D’où l’utilisation des fibres optiques qui, de plus, ne sont pas parasitées par les liaisons électriques. Ce qui est tout de même très intéressant…

 

SV : Et comment est gérée la maintenance ?

S.C. : Il y a beaucoup de maintenance systématique ; en général nous sommes calés sur une soirée par semaine au cours de laquelle nous effectuons de la maintenance préventive : simple dépoussiérage des serveurs, nettoyage… de manière à ce que les machines soient toujours dans des conditions de fonctionnement optimales. Même chose pour les projecteurs, bien qu’il n’y ait plus de lampes. Comme nous avons beaucoup de poussière et d’humidité sur le site, nous dépoussiérons quand même les machines, au moins les objectifs et les ouvertures de ventilation.

 

SV : En terme d’hygrométrie, à quel pourcentage êtes-vous ?

S.C. : Nous frôlons les 99 % d’hygrométrie, ce qui est énorme ! Des conditions idéales pour des projecteurs : poussière, hygrométrie à 99 %, moisissures ! D’où une grosse maintenance.

 

SV : Quels retours avez-vous, même si l’installation est toute récente, par rapport au choix de Barco en termes de facilité d’installation, colorimétrie, fiabilité… ?

S.C. : Niveau colorimétrie, je trouve que c’est très bon, nous avions une petite inquiétude sur les bleus qui tiraient sur le violacé ; au final, cela se corrige très bien, donc pas de problème de ce côté-là. Ce sont des machines qui fonctionnent bien. Du fait qu’il n’y ait plus de lampes, forcément pour nous c’est salutaire. Il faut savoir qu’avant, sur les projecteurs à lampes, nous avions des contraintes de fonctionnement. Notre président voulait que nous changions les lampes toutes les 1 000 heures pour ne pas avoir trop de perte lumineuse. Sur 93 machines, je vous laisse imaginer le travail que cela représentait ! La technologie nous est vraiment salutaire ! Elle allège considérablement nos emplois du temps… Sur le plan fiabilité, l’avenir nous dira ce qu’il en est, sachant que nous avons testé le même modèle de machine durant six mois la saison précédente sans problème particulier.

 

SV : Comment s’est déroulé le déploiement, l’installation ?

S.C. : Pour l’installation et l’implantation des projecteurs, nous avons utilisé un logiciel 3D de simulation qui nous a permis de voir assez précisément l’emplacement des différents projecteurs puisque la grande problématique concernait surtout les ombres portées. Comme nous comptons énormément de machines, parfois cela a été un peu compliqué de trouver les bons emplacements qui ne gênent pas trop l’image. À l’époque, le plan 3D a été dessiné sur un logiciel lambda qui suffisait à cela. On n’a pas bougé l’emplacement des projecteurs.

 

SV : Parlons un peu chiffres… En terme de data, combien de giga, de fichiers, de pixels représente chaque spectacle ?

S.C. : En termes de pixels, si on multiplie (1 920 x 1 200) x 95 projecteurs, ce n’est pas mal ! Cela représente des centaines de milliers de pixels ! En termes de surface, je ne pense pas qu’énormément de sites projettent sur 7 000 m2… En termes de poids de fichier, nos spectacles grimpent en résolution, le poids des fichiers augmente de manière exponentielle d’ailleurs. Actuellement, nous tournons à 500 Go le spectacle, distribués sur les 50 serveurs, cela fait quand même du poids ! Nos temps de transfert de fichiers sont relativement importants. C’est pourquoi nous réfléchissons à optimiser un peu mieux le réseau Ethernet informatique, de manière à ce que la transmission des fichiers du poste de production vers les serveurs soit beaucoup plus rapide. Pour transmettre 500 Go d’un poste à tous les serveurs, en étant sur un réseau gigabit Ethernet, cela prend beaucoup, beaucoup de temps. Nous sommes en train de regarder s’il n’est pas possible de passer en 10 gigabits, ce qui serait théoriquement dix fois plus rapide.

 

SV : Un petit mot sur le son… Comment est-il géré ?

S.C. : Là, c’est relativement simple ! Nous sommes sur une base en stéréo, où l’on diffuse via un système d’amplification un peu « basique » avec 28 enceintes Adamson réparties dans la carrière. Nous avons fait réaliser une étude, et sommes conscients d’une petite faiblesse de ce côté-là ; des améliorations seront à apporter. L’étude a été faite, cela représente du budget, du temps de travail… Nous n’avons pas pu le faire cette année, nous avons déjà passé beaucoup de temps à remplacer les cent projecteurs ! Peut-être l’an prochain, améliorerons-nous la partie sonore…

 

* Extrait de notre article paru pour la première fois dans Sonovision #7, p. 48-51. Abonnez-vous au magazine Sonovision (1 an • 4 numéros + 1 hors-série) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

La première partie de cet article est à lire ici

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