Scénographie et muséographie : rencontre avec Olivier L. Brunet

Univers, Muséographie // lundi, 11 janvier 2016 // Rédigé par Annik Hémery

Olivier L. Brunet intervient à la fois pour la télévision, le cinéma et la muséo. Pour Clémence Farrell, il signe, outre la scénographie « cinématographique » de l’Historial Jeanne d’Arc à Rouen, le triptyque Parcours d’émigrants pour l’exposition permanente Titanic à la Cité de la Mer à Cherbourg (2012), lequel redonne un visage aux passagers du Titanic. À l’Historial Charles de Gaulle de l’Hôtel des Invalides (Paris), il remontait déjà le cours de l’Histoire au moyen d’un spectaculaire dispositif à cinq écrans (scénographie Moatti et Rivière).

 

Vous intervenez après que le choix des dispositifs audiovisuels ait été défini. La nature du support ne conditionne-t-elle donc pas l’image qui y sera projetée ?

Vous pointez là l’une difficulté du projet muséographique, laquelle est liée à l’organisation administrative. Ceux qui fabriquent le contenu ne peuvent pas intervenir dès le départ, car le projet deviendrait vite cacophonique ! Il faut respecter sa « chronologie » qui débute par un programme, se poursuit par une scéno et se finalise par une réalisation. Il est vrai toutefois que j’aurais aimé modifier certains supports. J’ai une prévention par exemple pour le 360 °. Ce dispositif immersif oblige le public à tourner la tête dans tous les sens. Je n’ai toutefois pas à remettre en question ce choix, mais à faire en sorte qu’il fonctionne. Mon travail ne consiste pas à créer des systèmes de projection mais à donner un sens de lecture aux intentions scénographiques définies de manière esthétique et statique.

 

Dans ce parcours de l’Historial Jeanne d’Arc se trouvent plusieurs dispositifs inédits. Est-on toujours dans le prototype ?

En muséographie, on est systématiquement dans le prototype. Jusqu’à présent, je n’avais jamais réalisé une mise en scène d’une telle ampleur. Le dispositif immersif du grand comble, qui repose sur 14 écrans simultanés, est un prototype, de même que le dispositif de la bibliothèque. La table lumineuse autour du pilier n’a pas fonctionné comme nous le souhaitions. Lorsque l’on projetait par-dessous la plaque de verre, l’image ne se montrait pas homogène. Il a donc fallu revoir le montage en partant de la projection sur le mur du fond, celle sur la table devenant anecdotique.

 

Ce parti pris architectural de la scénographie, qui s’est traduit par un parcours audiovisuel inédit, possède aussi son lot de contraintes. entre autre sur la qualité acoustique du spectacle... 

Intégrer la technique dans des espaces historiques relève du tour de force. Les salles de l’archevêché sont adaptées au sermon ou au chant grégorien, pas aux projections audiovisuelles. Il aurait fallu traiter l’espace acoustiquement en intervenant sur l’architecture. or, ce n’était pas le parti pris de la scénographie. Une autre solution consiste à généraliser le port de l’audioguide. Pour l’instant, seuls les visiteurs étrangers profitent de la musique et du design sonore du spectacle (signé Olivier Lafuma, ndlr). 

 

 

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