Films de commande - La réalité virtuelle en Full 3D pointe son nez

Entreprise / Education, Univers // jeudi, 30 juin 2016 // Rédigé par Marc Bourhis

Les producteurs de films de commande commencent tout juste à explorer le nouveau média qu’est la réalité virtuelle, laquelle promet de faire autant le buzz sur le web que sur les grands événements professionnels. Et n’hésitent plus à jongler avec différents outils de tournage. Nous poursuivons ici la publication de notre article intitulé « Films de commande - Le storytelling au cœur de l’innovation »*.

 

Un des exemples les plus marquants dans le registre de la réalité virtuelle est sans doute le film réalisé par l’agence Tulipes & Co pour le compte du laboratoire Galderma. À l’issue d’un appel d’offres international, l’agence a été retenue, car c’était la seule à avoir osé proposer un film en réalité virtuelle pour Occulus Rift et une allégorie pour illustrer le travail de recherche sur la guérison des maladies de peau.

Au-delà de sa capacité technique à mener à son terme un tel projet, c’est l’analogie proposée par le scénario entre la recherche contre la gale et la conquête spatiale via une immersion à 360 degrés dans un voyage « interstellaire » entièrement en images de synthèse qui a séduit Galderma. Au cœur de ce voyage, on trouve quatre planètes que découvre le spectateur comme autant de produits issus de la recherche du laboratoire pharmaceutique.

« Afin de permettre au spectateur de se plonger progressivement dans la réalité virtuelle sans être déstabilisé, indique Charles Drouin, directeur de Tulipes & Co, nous avons conçu une séquence d’ouverture en plan fixe sur une première planète, durant laquelle le spectateur a quelques secondes pour naviguer à sa guise dans la réalité virtuelle. Ensuite, on l’emmène dans une deuxième planète avec un peu plus de mouvements de caméra. Sur la troisième planète, il est à la place d’un conducteur de vaisseau spatial et enfin, sur la quatrième planète, on l’emmène dans un véritable « ride » avec des mouvements de caméra rapides. Bien entendu, tout au long de ces séquences, le spectateur peut regarder partout autour de lui, en particulier des scènes montrant des cosmonautes qui travaillent à l’éradication de la gale ».

En production, cette expérience immersive a nécessité un gros pipeline graphique pour générer deux fois 50 i/s en Full 3D. De même, une équipe d’une dizaine d’infographistes a travaillé durant deux mois pour réaliser l’ensemble des animations et décors présents dans ce film entièrement en images de synthèse, avec leurs textures, leurs lumières, leurs déformations 3D...

L’agence a une certaine habitude du travail collaboratif avec ses clients via l’usage quotidien d’outils en ligne de validation des jalons d’un projet. Pour autant, sur ce film hors du commun, elle a mis en place un processus de validation original laissant une large place à la Techvis.

« Après une phase de storyboard, nous avons mis en place un principe de previs dans lequel le client validait les scènes de réalité virtuelle où subsistaient de larges zones 3D grisées dans les parties « hors champ » de la sphère 360, mais sans lumières, ni textures. Ces éléments de décors 3D seraient finalisés plus tard, une fois la séquence principale validée. Il était ainsi possible d’obtenir une validation précise des séquences de VR, avant même d’avoir finalisé l’ensemble des plans ».

Profitant de l’effet « Whaou ! » que représente encore pour le moment la réalité virtuelle, ce film a généré un flux très important de visiteurs sur un premier salon international à Vancouver auquel a participé Galderma. Près de 80 % de visiteurs du stand ont voulu vivre cette expérience immersive à l’aide de l’un des huit casques Occulus Rift qui avaient été mis à disposition par Tulipes & Co. L’agence et son client ont également reçu un Top d’Or de la Communication externe pour ce film VR.

Nul doute aussi que l’émergence actuelle de la réalité virtuelle va profiter également aux acteurs de la communication corporate qui réalisent de longue date des films de simulation de transports ou d’aménagements urbains, telle la société valenciennoise Meconopsis. Cette filiale du groupe Trimaran réalise en effet régulièrement, pour des clients importants comme Alstom, des films de démonstration, sur la base des modèles 3D conçus au départ pour faire un prototype de tramway, de train ou d’immeuble, pour ensuite optimiser ces éléments trop lourds en vue de leur utilisation dans un film, et concevoir enfin une mise en scène intégrant une patte artistique.

« Notre savoir-faire, souligne Geoffrey Guillaume, le réalisateur « maison », est d’utiliser par exemple de vrais personnages filmés sur fond vert, que l’on réintègre sous forme de silhouettes dans nos films en images de synthèse. Même si cela demande un travail poussé en postproduction sur le respect des lumières, des perspectives… cette technique permet, dans des enveloppes budgétaires souvent relativement contraintes pour des films Full 3D, d’obtenir un fort réalisme des animations des personnages qui apparaissent à l’écran dans le film. »

Fort de ses méthodologies de travail productives et créatives, Meconopsis lorgne du coup avec intérêt du côté de la réalité virtuelle, en vue d’en user dès que l’occasion s’en présentera.

 

Jongler avec différents outils de tournage

Comme bon nombre de professionnels de sa génération, Sébastien Marqué, fondateur de l’agence nantaise Victor & Lola, a été formé dans une école d’audiovisuel et de cinéma où l’on acquiert une forte culture de l’image cadrée et éclairée avec soin. Il a donc vu arriver avec enthousiasme les boîtiers DLSR en ayant fait partie des pionniers du Canon Mark II.

Mais aujourd’hui, alors que de nombreux jeunes professionnels de tous bords arrivent sur le marché en disposant de ce genre d’outils et que le jeu avec les profondeurs de champ n’est plus l’apanage des spécialistes, Sébastien Marqué tente de garder une longueur d’avance en faisant un effort tout particulier pour poser de belles lumières et des travellings travaillés au sein de chacun de ses films, afin de magnifier les sujets.

À l’heure de l’adaptabilité, il jongle aussi volontiers entre des outils de tournage très différents qui vont de la caméra Super35 Sony NEX-FS700 qui dispose d’une fonction de ralenti et du 4K (avec un enregistreur Shogun d’Atomos compatible avec FC Pro X) au caméscope Sony PMW-EX3 pour les séquences de reportages, en passant par le boîtier Canon Eos 1D Mark II.

Même constat chez Tulipes & Co où Charles Drouin et ses équipes disposent également d’une caméra Sony NEX-FS700 et d’un boîtier Canon Eos C500 pour favoriser les plans travaillés, de proximité et les ralentis.

 

* Extrait de notre article « Films de commande - Le storytelling au cœur de l’innovation » paru en intégralité, pour la première fois, dans Sonovision #3, pp 28-32. Abonnez-vous à Sonovision pour recevoir, dès leur sortie, nos articles dans leur totalité.

 

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