Vidéoprojecteurs – Quel type choisir et où le placer ? (partie III)

Produits, Entreprise / Education, Image // jeudi, 03 janvier 2019 // Rédigé par Antoine Gruber

Après nous être intéressés au choix de l’écran (partie I), aux deux technologies principales, ainsi qu’à l’offre en matière d’éclairage, de résolutions et de formats (partie II), nous concluons notre dossier consacré aux vidéoprojecteurs par un passage en revue des différents types de projecteurs répertoriés par les constructeurs et l’épineuse question du placement de l’appareil dans la salle...

 

Les constructeurs proposent des projecteurs répertoriés en plusieurs catégories. Les petits projecteurs, souvent vendus à moins de 1 000 €, dits portables, sont des appareils d’entrée de gamme, à poser sur la table pour une présentation rapide, dont les résolutions sont aujourd’hui au minimum XGA, de 1 024 x 768 pixels, mais couramment HD en 1 920 x 1 080 pixels. En possibilités de connexion, ils proposent en général une prise HDMI et une ou deux prises VGA, puis des connexions diverses vidéo qui ne sont pas utilisées en salle de réunion. Ces appareils ont un chemin optique simplifié et doivent être positionnés parfaitement pour ne pas déformer les images.

Dans la catégorie des petits projecteurs, il faut considérer les très courtes focales. Ce sont des projecteurs à objectif fixe, permettant une projection sur un écran en étant disposés à quelques dizaines de centimètres de ce dernier. Ces projecteurs ont des caractéristiques très proches des précédents. Nous en reparlerons plus loin.

Il y a ensuite les projecteurs de la catégorie « installation » qui ont vocation à être suspendus à un plafond ; ils sont proposés dans les résolutions XGA à WUXGA, avec des puissances allant de 4 500 à 10 000 lumens. En général, ces projecteurs peuvent recevoir différents types d’objectifs pour assurer différentes distances de projection. Ce sont des produits adaptés à l’installation en petites et moyennes salles de réunion. Ils proposent en général des connexions HDMI, DVI, Display Port, VGA au minimum, et de plus en plus souvent une connexion HDBaseT, dont la souplesse permet la liaison image avec une plus grande distance qu’un câble HDMI.

Ces projecteurs proposent en général des systèmes de décalage optique horizontaux et verticaux, pour recentrer l’image, sans pour autant générer d’effet de trapèze. Cette fonction peut être très utile lorsque le projecteur est un peu trop haut par rapport à l’écran, ou un peu décalé de l’axe de l’écran pour des raisons de montage au plafond.

La troisième catégorie de projecteur est appelée « grandes salles » ; ce sont effectivement des appareils dédiés aux grandes salles, avec des puissances allant de 10 000 à 30 000 lumens. Ces appareils assez volumineux seront de préférence positionnés en cabine technique en fond de salle. Les connexions sont en général très complètes, avec parfois une base HDMI, DVI, VGA, HDBaseT et des cartes optionnelles pour d’autres types d’entrées, HD-SDI, ou Display Port.

Quelle puissance lumineuse utiliser ? Les petites salles pourront fonctionner avec des projecteurs de 2 500 à 5 000 lumens pour des écrans de 1,5 à 2,5 mètres de base, les salles moyennes utiliseront des puissances de 5 000 à 10 000 lumens, les grandes salles peuvent nécessiter des puissances plus importantes, jusqu’à 25 000 ou 30 000 lumens, voire plus, en fonction de la taille de l’écran.

 

 

Où placer le projecteur ?

Il existe au moins trois réponses à cette question. La majorité des projecteurs de moyenne gamme sont livrés avec un objectif zoom dont le rapport est entre 1,5 et 3 de focale environ. Ce qui veut dire que pour une image de 2 mètres de base, le projecteur sera situé environ à 4 mètres de l’écran. Il est cependant possible d’utiliser, pour certains appareils, un objectif différent, par exemple s’il existe une cabine de projection en fond de salle, pour isoler la salle du bruit de ventilation du projecteur.

Certains projecteurs dits d’installation sont parfois, au catalogue, mentionnés sans objectif, pour permettre, avec une gamme d’objectifs optionnels de répondre à différentes situations. Il faudra calculer l’objectif adapté à son utilisation. Les objectifs de longue focale sont parfois assez onéreux.

En général, les projecteurs ont une optique qui permet de développer l’image depuis la base du projecteur. En clair, un projecteur posé sur une table permet d’avoir une image qui va se positionner entre la hauteur de la table et le haut du mur. En cas de montage au plafond, le haut de l’image projetée sera en haut de mur et se développera vers le bas.

Pour que cela fonctionne, il faut spécifier dans les menus que l’appareil est monté en plafond. Il existe cependant des projecteurs centrés sur leur optique ; ce sont des appareils dont la finalité est en général liée à des applications de visualisation. Attention de ne pas confondre et de vérifier lors de l’achat que l’image est bien centrée comme désiré.

Dans tous les cas, les constructeurs proposent sur leur site Internet un outil de calcul de position du projecteur. On y indique la taille de l’image souhaitée, le modèle de projecteur envisagé, et l’application retourne la position optimale pour l’installation ou, pour un zoom, la plage mini/maxi des positions possibles.

Il faut, à ce point, vérifier la faisabilité physique de cette installation, car on peut être gêné par une poutre en béton ou des gaines de ventilation dans un faux plafond. Donc toujours vérifier réellement la zone d’installation. Au-delà, l’application permet de choisir des solutions alternatives en changeant l’objectif, en changeant de modèle de projecteur dans une gamme, etc., pour envisager toutes les solutions.

La troisième solution de mise en place est l’utilisation de projecteurs à très courte focale. Ce sont des appareils qui s’installent au-dessus de l’écran, porté par un bras fixé au mur, à environ 50 à 60 centimètres de mur. Très utiles en salle de classe ou de formation, ils offrent l’avantage de projeter presque du plafond ; il n’y a donc pas, ou très peu, d’ombre portée par le formateur qui présente son cours devant l’écran. De plus, celui-ci n’est pas gêné par le flux de lumière qui peut lui venir dans les yeux avec un projecteur positionné de façon classique, lorsqu’il regarde l’assistance.

A contrario, l’optique quelque peu torturée qui permet le développement de l’image de si près, présente des défauts de géométrie, surtout dans le bas de l’image. Ce n’est pas gênant pour un PowerPoint, qui est une image statique, mais c’est plus inconfortable pour une image vidéo en mouvement. La très courte focale pour des salles petites ou moyennes est une option à considérer. Ces projecteurs ne sont pas compatibles avec les écrans à micro-lentilles, mais sont plus utilisés directement sur un mur peint en blanc ou avec des tableaux blancs qu’avec des écrans en toile.

La déclinaison du projecteur à courte focale est de l’associer avec un tableau blanc interactif. Nous sommes là totalement dans les applications de formation. En utilisant un projecteur à très courte focale, et en l’associant à un tableau blanc interactif, il est possible pour le formateur de faire des annotations sur le fond de son image de cours. Le système permet de capturer l’image du PowerPoint et de réaliser des notes en direct pour mémoriser les éléments enrichis du cours et fournir une copie aux participants.

Certains constructeurs proposent le tableau interactif avec le projecteur directement associé. On obtient ainsi un ensemble cohérent. Les deux appareils étant reliés entre eux pour respecter les distances et assurer une projection calée aussi bien que possible.

Les vidéoprojecteurs sont contrôlés par l’automation, pour les salles où celle-ci est installée. Si le projecteur est à lampe au mercure, l’automation devra tenir compte du temps de chauffe et surtout de refroidissement, en bloquant l’interface utilisateur le temps du refroidissement, avant d’autoriser toute relance de la projection. Avec des projecteurs à lumière led ou laser, la question ne se pose pas.

Le vidéoprojecteur est généralement le produit que l’on remplace le plus souvent dans une installation de salle de réunion. Il faut donc que l’entreprise ait bien en sa possession les fichiers-sources des programmes de l’automation pour pouvoir demander à son fournisseur d’assurer le changement de driver nécessaire lors d’un remplacement d’appareil. Il arrive trop souvent que l’utilisateur ne découvre qu’à ce moment l’importance de ces fichiers pour la pérennité de son installation.

Le projecteur est donc, par son économie, un produit très populaire. Il permet de fournir une prestation de qualité en respectant les contraintes techniques de choix et de mise en œuvre. Bien gérer la position et la taille de l’écran, en modifiant, si nécessaire, l’éclairage dans la zone de projection pour limiter les incidences parasites, en sélectionnant une puissance confortable pour que la lisibilité soit correcte, même après quelques mois d’utilisation, en respectant une résolution adaptée au type de document à afficher.

Il ne faut pas pour autant négliger la solution de l’écran plat LCD, dont les qualités de vision en salle de réunion lui sont bien supérieures, mais à un coût plus élevé, à taille d’écran équivalente.

 

En photo :

- BenQ W1050S, un vidéoprojecteur DLP abordable à la connectique réduite. 

- Epson EH-TW5350, un vidéoprojecteur Tri-LCD bien calibré. 

- Barco Projecteur au phosphore laser DLP monopuce WXGA 6 000 lumens ANSI. 

 

Extrait du dossier « Les vidéoprojecteurs » paru pour la première fois dans Sonovision #13, p.28/32. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.

 

 

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